« Il y a un ralentissement extraordinairement fort de l’économie et il faut surtout combattre ça ». Tels sont les mots d’Éric Woerth, ministre du Budget, interrogé jeudi par France Inter au sujet de la situation économique actuelle, tout en précisant que le gouvernement avait renforcé la fluidité du secteur du crédit.
La veille, les économistes de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) avaient rendu publics deux scénarios de croissance pour 2009. Le premier présente une croissance molle du PIB de 0.7% ; le deuxième, qualifié de scénario noir, serait une baisse du PIB de -0.1%, qui placerait la France en situation de récession, du jamais vu depuis 1993 et 1975. Cette analyse négative n’est pas isolée car elle est aussi partagée par d’autres économistes privés (BNP Paribas, Exane, etc.).
Cette baisse de croissance serait liée à quatre phénomènes : la crise financière actuelle, la baisse des prix de l’immobilier, la hausse du prix des matières premières et enfin, l’appréciation de l’euro face aux autres devises.
Concernant l’économie de la zone euro, Eurostat (institut statistique) a estimé ce vendredi que la contraction économique devrait contribuer à ce que l’inflation passe de 3.6% à 3.2% pour le mois d’octobre, alors que le taux était encore de 4% en juillet.
De son côté, l’indice de confiance économique est au plus bas depuis 1993. L’activité industrielle et les services sont les plus touchés par la crainte de plans sociaux dus à une baisse de production. Subissant avec retard la crise américaine, la zone euro risque donc fort d’entrer en récession pour le troisième trimestre 2008.
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